Attendre dans le froid. Dans sa voiture. Le temps qu'ils ouvrent les guichets. Le temps qu'ils consultent tous les passeports. Le temps qu'ils s'organisent pour faire garer les voitures. C'est long. Mais alors très long.
Mais, passons, arrêtons de tout critiquer. Deck 6, Cabin 6A24. Ah oui ? Sur un bateau, qui fait France-Irlande chaque semaine, ils étaient vraiment obligés de mettre TOUT le personnel de bord... anglophone ??? Bon. Ben, ça au moins, ça met dans l'ambiance.
Sinon, parlons "people on board".
Un bateau qui part du Havre et qui va à Rosslare est chargé d'irlandais et de français, me direz-vous.
Nuance, les français sont des bretons. Les autres sont, il faut bien l'avouer, irlandais pour la plupart.
Mais des espagnols, des lituaniens et des polonais nous tiennent aussi compagnie sur ce bateau qui ne cesse plus de tanguer. Tangage... oui, un mot qui convient tout a fait, à ce que j'allais vous dire.
Principalement bretons et Irlandais donc. Les similitudes ? Blancs. Rouges niveau joues. Une bière à la main (Murphy's). 2 verres vides devant soi. Parler de plus en plus fort. Ne plus savoir si c'est le bateau qui tangue ou eux (je vous avais bien dit qu'il y avait un rapport avec le tangage...). Un accent... heu... pas super classe. Pas celui de la prof d'anglais.
Similitudes, disions-nous. Meuh non, où ça des similitudes entre Irish et Bretons ?
Oui, alors sinon Internet en mer, j'avais espéré, un peu naïvement, que ça fonctionnerait... Un « Cc ! Ça va ? » plus tard, et puis plus rien. Tampis. Donc dodo.
Lendemain, 07h30 : "your attention please, ladies and gentlemen, the restaurant opens at 08 a.m". Moi, crevée, 'mdis que ça peu attendre, c'est le weekend quand mm !
Qq temps plus tard, réveil grâce à un "your attention please, ladies and gentlemen, the restaurant will be closed in 15 minutes". Bon ben, ok, la journée commence bien.
Remarque moralement intéressante : quand la mer bouge, que les nuages bougent, que le bateau bouge... Qui bouge ? Et dans quel direction ? De là, la nécessité d'un repère galiléen prend tout son sens. Réellement.
C'est la terre que je vois ou un nuage ? De là, la nécessité d'arriver. Réellement.